L’éducation olfactive : comment cultiver son nez ?

Cette publication est également disponible en : English

Alors que notre cinquième sens est de plus en plus reconnu à sa juste valeur – notamment depuis la crise du Covid qui en a privé certains -, rares sont les moyens de le cultiver. Nez vous propose un tour d’horizon des différentes façons d’aiguiser son nez, de l’enseignement spécialisé, pour les professionnels ou les particuliers, à la rééducation thérapeutique, en passant par l’initiation auprès des plus jeunes et l’apprentissage au quotidien.

Dès l’école maternelle, nous apprenons à distinguer les couleurs et les formes, à les dessiner, avant d’être sensibilisés plus tard aux arts plastiques, à travers les livres ou les musées. Viennent ensuite les lettres et les mots pour maîtriser l’écriture et la lecture, et apprécier ainsi la littérature. Des chorales de fin d’année aux cours particuliers du mercredi, nous pouvons entraîner notre voix ou pratiquer un instrument, éduquant ainsi notre oreille musicale.

Mais qu’en est-il de notre culture olfactive ?

Que ce soit à l’école ou à la maison, qui nous apprend à nommer et distinguer les odeurs du quotidien, à comprendre comment fonctionne notre odorat, à connaître l’histoire de la parfumerie ou à choisir un parfum qui corresponde exactement à nos envies, voire même à le composer soi-même ?

Notre cinquième sens est l’abonné absent des programmes scolaires, perpétuant ainsi l’idée qu’ « avoir du nez » serait davantage une histoire de don que d’éducation, et ne serait réservé qu’à une poignée de privilégiés évoluant dans le milieu de la parfumerie ou de l’œnologie. Faux ! Comme pour toutes les autres pratiques culturelles et esthétiques, il suffit d’un peu d’entraînement, de curiosité et surtout d’y porter de l’attention et l’intérêt pour que ce sens se développe.

La question de l’éducation olfactive a ironiquement (et malheureusement) surgi ces derniers temps, plus exactement celle de la « rééducation », à l’attention de tous ceux qui ont vécu le drame de perdre leur odorat à la suite d’une contamination par le Covid. Il a en effet été démontré que des protocoles basés sur une stimulation quotidienne parvenaient à récupérer progressivement une sensibilité olfactive disparue, prouvant au passage que l’entraînement a bel et bien un effet sur ce sens.

En raison d’une grande plasticité cérébrale chez l’enfant, plus tôt on s’y prend, mieux on apprend. C’est ainsi que certaines initiatives, encore isolées, émergent pour prodiguer dans certaines classes des séances d’olfaction, animées par la conviction que cette démarche pourrait, et devrait, un jour être généralisée au même titre que les cours de musique ou d’art plastiques dans nos écoles. 

Si tous ceux qui ont très tôt la vocation de devenir parfumeur trouvent plus ou moins vite où suivre des cours, que ce soit à l’Isipca à Versailles, à l’ESP à Paris ou encore au GIP à Grasse, ce n’est pour autant jamais un parcours facile. Il est par ailleurs encore moins aisé de dénicher des programmes accessibles au simple quidam lorsqu’on souhaite juste se former aux odeurs en amateur, pour le plaisir. Hormis les ateliers qui vous promettent de créer le parfum sur-mesure de vos rêves en quelques minutes, les vrais programmes d’éducation olfactive qui s’adressent aux particuliers sont encore rares.

C’est pour cela que nombreux amoureux d’odeurs se forment… tout seuls, sur le tas : arpentant les parfumeries, écumant les sites, les blogs et les podcasts, collectionnant les livres sur le sujet, se réunissant entre passionnés pour sentir et partager leurs trouvailles, ces amateurs éclairés finissent par développer une culture parfois impressionnante, sans avoir eu recours à une formation à proprement parler.

Car loin de toute considération professionnelle, de même que lorsqu’on apprend la musique ou la peinture en dilettante, maîtriser le vocabulaire olfactif, se laisser émouvoir par un nouveau parfum, identifier un mélange d’herbes ou d’épices dans un plat, s’extasier de l’odeur d’une prairie en été ou de celle de la tête d’un bébé : tout cela contribue aussi tout simplement à nous rendre plus heureux. Ce serait bête de s’en priver.

Comment instaurer une véritable instruction olfactive dans notre société ? Nous vous proposons un dossier complet spécialement consacré à l’éducation du nez : de l’enseignement spécialisé, pour les professionnels ou les particuliers, à la rééducation thérapeutique, en passant par l’initiation auprès des plus jeunes et l’apprentissage au quotidien.


SOMMAIRE

Introduction
Sur les bancs de l’école
Amateurs éclairés : les autodidactes du parfum
Anosmie : à la recherche de l’odorat perdu – 27 novembre
Devenir parfumeur, quelle école choisir ? 28 novembre
Être parfumeur, un parcours du combattant – 30 novembre

À lire également

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Avec le soutien de nos grands partenaires