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Yves Cassar : « Si le vétiver était un personnage, ce serait Indiana Jones »

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Parfumeur pour IFF à New York depuis 1998, il a créé de nombreux succès, seul ou en équipe : Pure White Linen et Intuition for Men pour Estée Lauder, Tom Ford for Men, Cashmere Mist Essence, Fog pour Henry Rose, ou encore Knock on Wood pour Tory Burch.


Entretien tiré du chapitre consacré au vétiver, dans l’ouvrage De la plante à l’essence – Un tour du monde des matières à parfums (voir ci-dessous)

Que vous inspire le vétiver ?
Je l’associe aux pays africains et au désert, peut-être parce que je suis né en Afrique du Nord. Des paysages de terres arides, de poussière, des couleurs ocres… Le vétiver m’évoque des lieux exotiques. Si c’était un personnage, ce serait Indiana Jones.

Pouvez-vous décrire l’odeur de la racine fraîche et celle de l’essence de vétiver ?
Quand on gratte légèrement une racine qui vient d’être déterrée, on a d’abord une odeur fraîche,
un peu pamplemousse, presque gingembre. Puis un côté très terreux, cuiré. L’essence, quant à elle, est beaucoup plus sombre, avec une facette fumée, cacahuète, cuirée, boisée, terreuse. Aujourd’hui, nous disposons également d’essences raffinées, obtenues après distillation moléculaire de l’huile essentielle dans nos laboratoires de Grasse. On enlève alors l’aspect fumé, cacahuète grillée, de l’essence brute, pour garder une note plus nette, plus fraîche, plus moderne. Enfin, grâce au fractionnement, lui aussi effectué à Grasse, nous obtenons un vétiver coeur, une qualité qui fait ressortir le côté frais, pamplemousse.

Avec quels ingrédients aimez-vous l’accorder ?
Le vétiver s’associe très bien aux agrumes, auxquels il est relié par son côté hespéridé. Il accompagne aussi harmonieusement les notes boisées comme le cèdre ou les bois ambrés. Ils sont complémentaires, car ces ingrédients apportent au vétiver un aspect fusant et plus moderne. Dans un registre féminin, j’aime le marier avec des matières rosées, pivoine. Il s’entend parfaitement avec les fleurs : j’ai travaillé récemment sur une tubéreuse/vétiver, et ça fonctionne très bien… Il peut aussi être intéressant avec des muscs qui lui donnent de la rondeur, du confort. C’est une matière assez versatile, qui permet d’apporter de la structure à une formule. La difficulté est de dompter son côté sauvage…

Cet entretien est tiré du livre :
De la plante à l’essence – Un tour du monde des matières à parfums
From Plant to Essence – A World Tour of Fragrant Raw Material

(Français-English), Nez éditions, Collectif, 2021, 30€

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