Céline Barel : « La tubéreuse est trop souvent caricaturée »

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Parfumeur chez IFF depuis 2001, Céline Barel a notamment créé Tacit pour Aesop, Squid pour Zoologist, Vanilla & Anise pour Jo Malone, ainsi que Canaan et Durban Jane pour Maison d’Etto.


Entretien tiré du chapitre consacré à la tubéreuse, dans l’ouvrage De la plante à l’essence – Un tour du monde des matières à parfums (voir ci-dessous)

Comment décririez-vous l’odeur de la tubéreuse ?
La fleur fraîche dégage un parfum narcotique, presque hypnotique, et très complexe, avec des notes solaires et crémeuses qui évoquent la noix de coco, mais aussi des facettes vertes, fraîches, épicées et animales. On retrouve ces aspects dans l’absolue de tubéreuse, avec en outre un caractère un peu médicinal, dû à la présence de salicylate de méthyle et de benzoate de méthyle.

En quoi la Tubéreuse Blooming est-elle différente ?
Pour produire cette absolue exclusive à LMR, la fleur est cueillie au crépuscule, à l’apogée de son épanouissement, lorsqu’elle connaît un pic d’émission de molécules olfactives. Cette particularité permet de gommer les facettes médicinales et cireuses de l’absolue classique et de se rapprocher du profil olfactif de la fleur dans le champ. La Tubéreuse Blooming met donc en exergue ses nuances plus fruitées, lactoniques, indolées, ainsi que des tonalités épicées rappelant le clou de girofle. Ces caractéristiques la rendent plus moderne et séduisante.

Comment aimez-vous l’utiliser dans une composition ?
C’est une fleur qui présente beaucoup de nuances, et je regrette qu’elle soit trop souvent traitée de la même façon, caricaturée dans des soliflores qui la réduisent à son aspect lactonique coco, qui peut être un peu cheap. Pour Canaan, que j’ai composé pour Maison d’Etto, j’ai pris le contre-pied de ce cliché en créant une tubéreuse unisexe. Je l’ai sublimée en l’associant au bois d’oud, avec lequel elle partage des facettes camphrées, cuirées et terreuses. Flamboyante, elle représente un symbole de puissance que les hommes peuvent s’approprier.

Cet entretien est tiré du livre :
De la plante à l’essence – Un tour du monde des matières à parfums
From Plant to Essence – A World Tour of Fragrant Raw Material

(Français-English), Nez éditions, Collectif, 2021, 30€

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