Vincent Kuczinski, président de l’American Society of Perfumers : « Le test sur peau a vraiment été révélateur : le choix a été unanime »

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Le concours Sandalwood Reimagined de Quintis a récompensé deux gagnantes début juillet 2022. Elles ont été sélectionnées parmi près de 300 participants, par les nez aguerris des juges, membres de l’American Society of Perfumers partenaire de l’événement. Vincent Kuczinski, parfumeur senior chez Mane et président de l’association, nous raconte cette aventure.

L’American Society of Perfumers a été fondée en 1947. Quelles en sont les missions ?

C’est une organisation à but non lucratif dont les membres sont des volontaires bénévoles et qui compte aujourd’hui environ 300 parfumeurs professionnels résidant tous aux États-Unis. Nous résumons nos objectifs en trois mots : éduquer, promouvoir et soutenir les parfumeurs américains. Ils peuvent travailler dans toutes les branches de l’industrie, de la parfumerie fine aux produits ménagers en passant par les cosmétiques. Nous les mettons en relation, organisons des événements internationaux où nous nous assurons de leur représentation. Mais nous cherchons aussi à maintenir la parfumerie à un haut niveau : tous nos membres doivent respecter une ligne de conduite professionnelle stricte.
Nous sommes ainsi partenaires du World Perfumery Congress (WPC) qui permet de réunir les entreprises, les créateurs, les producteurs et nous soutenons différents organismes comme l’International Fragrance Association (IFRA) ou le Women in Flavor and Fragrance Commerce (WFFC). 

C’est d’ailleurs lors du WPC à Miami qu’ont été annoncées les deux gagnantes du Sandalwood Reimagined organisé par Quintis. Quel a été votre rôle précis dans ce concours ?

Nous avons d’abord déterminé quelques règles essentielles afin que le concours soit égalitaire et que le plus de parfumeurs possible puissent y participer. La première était évidemment de mettre en avant l’huile essentielle de santal indien de Quintis dans la composition. C’est une essence magnifique et facettée qui a une histoire importante. La société s’est battu pour une production respectueuse de l’environnement et le résultat est fascinant. La deuxième règle était de ne pas utiliser d’ingrédients captifs : il fallait que tous les participants aient accès à la même boîte à outils pour ne pas donner d’avantages à certains. La troisième était que la composition respecte la réglementation en vigueur, en lien avec notre ligne de conduite pour des créations sûres. La dernière était qu’il n’y ait pas de limitation de coût pour permettre à chacun de développer sa créativité. C’est ensuite Quintis qui s’est occupé de toute la logistique avec beaucoup de professionnalisme. Puis nous avons senti et évalué les créations afin d’élire les gagnants.

Près de 300 propositions vous ont été envoyées. Quelles ont été les critères pour sélectionner les finalistes ?

Tout était anonyme, nous avons donc pu sentir à l’aveugle, avec seulement un numéro identifiant les participants et une couleur pour savoir à quelle catégorie (« Global Winner » ou « Emerging Talent ») ils appartenaient.  Tous les juges étaient des volontaires de l’ASP, localisés aux États-Unis pour des raisons logistiques. Nous nous sommes réunis pendant cinq semaines afin de sentir toutes les propositions. Nous ne cherchions rien en particulier. Nous avons d’abord éliminé toutes les créations trop proches de parfums existants. Nous avons noté les autres et choisi nos cinquante préférés, puis les avons réduits à vingt. À ce moment-là, nous les avons testés sur peau – nous n’aurions évidemment pas pu le faire pour tous – et avons lu les descriptions et inspirations, d’ailleurs très bien écrites.

Lorsqu’on organise un concours autour d’une matière première, on peut craindre que les propositions soient très proches. Qu’en était-il cette année ?

Parmi tous ceux que l’on a reçus, il y avait bien sûr des parfums moins originaux : certains étaient des copies et ont donc été éliminés, d’autres étaient très jolis mais pas assez créatifs. Mais nous avons senti des compositions très différentes dans l’ensemble. Et notamment des propositions originales dans la catégorie « Emerging Talent » ! Parfois manquant encore un peu d’harmonie, mais tout de même très prometteuses. Mais les créations des cinq finalistes de chaque catégorie étaient vraiment différentes et c’était l’une des difficultés à ce stade. Le test sur peau a vraiment été révélateur et nous a permis de sélectionner les gagnants : le choix a été finalement unanime.

Un mot pour finir ?

Ce concours a été organisé avec brio par Quintis, un magnifique partenaire. Bravo à toute l’équipe et également aux juges, qui se sont investis bénévolement. C’était un travail considérable mais passionnant, que je serais très heureux de réitérer. Et surtout, félicitations aux gagnantes pour leurs très belles compositions !

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