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Vanessa Ligovich : « Avec la création de Q-Lab, nous souhaitons favoriser les échanges et la créativité autour du bois de santal et de ses vertus »

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Né il y a plus de 20 ans, Quintis est aujourd’hui le principal producteur de bois de santal indien et australien éthiques. Il fournit de nombreuses marques de l’industrie du parfum grâce à une essence à la qualité et aux effets thérapeutiques reconnus. Retour sur l’histoire de la société avec Vanessa Ligovich, directrice marketing de Quintis Sandalwood, à l’occasion du lancement de Q-Lab.

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Dans quel but a été créé Quintis ?

Quintis est né de la volonté de sauvegarder le santal indien (Santalum album), en établissant sa première plantation durable en 1999, en Australie. Son huile essentielle est convoitée depuis toujours pour sa préciosité. L’arbre a été victime de braconnage et de pillage, en Inde, dans les années 1980, le faisant entrer dans la liste des espèces vulnérables de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature en 1998.

Nous n’avons cessé depuis lors de défendre un approvisionnement responsable, afin de combattre le marché noir. Désormais, nous possédons l’une des plus grandes exploitations de santal indien au monde, et en sommes les principaux fournisseurs. Nos essences sont entièrement traçables, chaque arbre possédant un identifiant unique : nous pouvons le suivre de sa naissance au produit fini. 

Quels sont les différents efforts que Quintis a mis en place pour développer une conception éthique de la production de santal ?

Nous considérons qu’une production éthique doit permettre de répondre aux besoins actuels sans compromettre ceux des générations futures. Pour cela, nous avons repris les préconisations clefs des objectifs de développement durable des Nations Unies, et développé une stratégie de long terme qui se concentre sur trois notions clefs : production durable, impact carbone, et protection de l’humain.

La production durable est un sujet vaste que nous couvrons par diverses initiatives : mise en place d’un système de recyclage de l’eau depuis 2011, refus d’employer des hormones de croissance et d’effectuer des tests sur animaux, réduction de notre utilisation de pesticides par l’introduction d’insectes auxiliaires sur nos cultures, ou encore utilisation de matériaux recyclés pour nos emballages.
L’une des évolutions dont nous sommes le plus fiers est le brevet d’un processus de distillation novateur nommé « Continuous Steam Distillation » (CSD). Grâce à celui-ci, nous pouvons désormais produire quatre fois plus d’huile essentielle en un temps réduit, avec la même quantité de vapeur (1000 kg de vapeur permet d’obtenir 4 kg d’huile essentielle). Nous économisons ainsi 75% d’eau et d’énergie, et l’essence est à la fois plus durable et de qualité supérieure. En effet, réduire le temps de distillation permet de diminuer le développement de notes parasites.

Concernant l’impact carbone, nous menons actuellement un essai visant à transformer la biomasse en biocarbone, qui nous permettrait de ne pas relâcher du CO2 dans l’atmosphère, et d’améliorer à la fois la structure du sol et notre productivité.

Mais l’éthique concerne aussi la protection de l’humain. En ce sens, nous sommes certifiés par SEDEX, qui lutte contre l’esclavage moderne; accrédités par REACH, dans une volonté de protéger l’homme et l’environnement des risques de la chimie. Nous soutenons des peuples vulnérables à travers les groupes comme la Kununurra Community Kitchen, Men’s Shed, et d’autres associations visant à assurer leurs besoins fondamentaux. Nous luttons pour la parité des genres en tant que membre du Perth International Women’s Day Committee, qui soutient UN Women Australia. Enfin, nous sommes également signataires de la Charte éthique de l’IFRA-IOFI.

Quelles sont les différentes propriétés de l’essence de santal ?

L’huile essentielle de santal indien est considérée comme la plus précieuse, et constitue un ingrédient de choix de la palette du parfumeur. Cette variété présente la teneur en bêta-santalol la plus élevée, un composé qui donne leur puissance aux notes boisées crémeuses du santal. De plus, il permet de fixer le parfum et d’assurer sa longévité sur peau. 

L’essence est également reconnue pour ses propriétés apaisantes, réductrices d’anxiété. Il est donc très intéressant pour la parfumerie actuelle, qui se tourne de plus en plus vers des créations aux bienfaits thérapeutiques.

Mais c’est aussi un antioxydant reconnu, qui protège la peau des dommages causés par la lumière bleue et la pollution. Le santal est ainsi devenu un nouvel ingrédient phare dans le milieu des actifs cosmétiques.

Quels sont les engagements de Quintis garantissant la qualité de ses essences ?

Nous avons une grande expertise du produit, basée sur plus de 20 ans d’expérience d’étude, de culture et de distillation. Nos arbres sont soignés, de la récolte à la transformation, par une équipe de passionnés, composée notamment de forestiers, d’agronomes et de chimistes. En maîtrisant la chaîne de production, nous assurons sa durabilité et sa disponibilité pour les générations à venir. Nous respectons également les standards de l’IFRA [recommandations sur l’utilisation des molécules odorantes émises par l’organe d’autorégulation de la parfumerie, assurant une utilisation sans danger pour le consommateur, ou l’environnement] et avons obtenu des certifications diverses d’une vingtaine d’industries – nos santals indiens et australiens sont notamment certifiés COSMOS. Nous proposons également l’unique santal australien biologique du marché. 

Enfin, tous nos lots d’huile essentielle dépassent les standards de qualité internationaux (ISO 3518) – de même que notre bois et notre poudre (ISO 9001). La qualité de l’huile est ainsi supérieure, mais son profil olfactif est également rectifiable, ce qui permet aux marques d’avoir un produit adapté et personnalisé. 

Quelles sont les grandes évolutions que vous aimeriez voir advenir pour le santal dans le futur ?

Malheureusement, le pillage de ce bois a toujours cours, et l’on estime que 90% du santal indien provient de récoltes illégales. Nous avons lutté pendant vingt ans contre cela à notre échelle, mais un effort plus large de l’industrie doit être fait en ce sens : chacun a son rôle à jouer. Nous encourageons donc les parfumeurs à s’assurer que l’essence de santal qu’ils achètent provient d’une source fiable et éthique.

Sur un autre plan, nous pensons que le santal constituera un ingrédient bien-être de choix dans les années à venir. Nous sommes convaincus qu’outre les effets thérapeutiques déjà démontrés, cette huile ancestrale a des vertus encore cachées que nous découvrirons par une recherche plus poussée.

Pourquoi avez-vous créé Q-Lab ?

Avec la création de ce centre d’excellence, nous souhaitons favoriser les échanges et la créativité autour du bois de santal et de ses vertus, dans les industries du parfum, des cosmétiques, de l’aromathérapie et de l’alimentation. Nous proposerons un éventail d’initiatives pour faire converger les marques, les formulateurs et les éducateurs : cours en ligne, prises de paroles, concours, opportunités de partenariats et de recherche avec un large panel d’experts. 

Dans quel but avez-vous décidé d’organiser le concours Q-Lab Sandalwood Reimagined ?

Nous voulions offrir une expérience partagée aux parfumeurs, après ces deux dernières années compliquées pour toute l’industrie. Nous leur donnons ainsi une opportunité de créativité, où ils pourront mettre en valeur la beauté de l’huile de santal indien.

Nous voulions également célébrer un retour sur le devant de la scène de cet ingrédient ancestral, permis par sa culture durable en Australie, qui en assure une grande disponibilité. Nous le voyons en effet apparaître à nouveau dans la formulation ces dernières années.

A propos du concours Re-imagined

Les participants ont jusqu’au 25 novembre 2021 pour s’inscrire sur le site de Quintis, et devront faire parvenir leurs dossiers avant le 31 mars 2022. Ils seront ensuite soumis au vote d’un jury indépendant, sélectionné par l’American Society of Perfumers, et composé de maîtres parfumeurs ayant collaboré avec les grandes entreprises comme Givaudan, Firmenich, Mane, Estée Lauder, Coty, ou encore Ralph Lauren. Les compositions seront appréciées à l’aveugle, sur buvard et sur peau.  Le 15 mai 2022, dix finalistes seront sélectionnés, et annoncés lors du Simppar (Salon international des matières premières pour la parfumerie) le 1er juin suivant, à Paris. Les deux grands prix seront décernés lors du Congrès mondial de la parfumerie à Miami en 2022. Le gagnant mondial recevra 10 000 dollars australiens (environ 6 400 euros) et le prix du talent émergent pour un étudiant en parfumerie ou un parfumeur junior recevra 2 000 dollars australiens (environ 1280 euros).

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