Anosmie, à la recherche de l’odorat perdu

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Un monde sans odeur ? C’est la hantise de tous les passionnés de parfums et d’odorat, dont personne ne peut réellement se prémunir, l’épidémie de la Covid-19 nous l’a rappelé. Décryptage d’un trouble encore méconnu, aux origines diverses, et des protocoles de rééducation qui ont fait leur preuve, démontrant que sentir, c’est parfois guérir.

Diverses pathologies peuvent contrarier le bon fonctionnement de l’odorat et réduire, abolir ou déformer la perception des odeurs. On estime que les troubles olfactifs touchent entre 5 et 15 % de la population générale, mais peuvent affecter les patients à différents niveaux. On parle d’hyposmie pour une perte partielle de l’odorat et d’anosmie pour une perte totale. Être privé d’odorat empêche de sentir les bonnes comme les mauvaises odeurs, et le patient devient insensible aux odeurs appétitives de cuisine, des saisons, de ses proches mais également à celles indiquant un danger comme le brûlé, le gaz ou les aliments avariés. Il ne peut pas non plus vérifier son odeur corporelle, comme la sueur et se crée ainsi une insécurité de tous les instants qui peut mener à des accidents, comme les intoxications alimentaires ou à des troubles émotionnels causés par un retrait social.
À ce jour, la cause de ces troubles olfactifs reste inconnue dans 20 % des cas, un véritable drame pour les personnes souffrantes. Pour 80 % des patients, nous résumons ici les différents cas cliniques qui peuvent expliquer l’origine de ces problèmes olfactifs, le type de suivi médical à mettre en place et les protocoles de rééducation éprouvés.

Des causes multiples

Environ 50 % des désordres olfactifs proviennent de maladies de la muqueuse et des voies respiratoires, pour lesquelles il existe souvent un traitement. Selon le docteur Djaber Bellil, chirurgien ORL à l’hôpital Nord-Ouest de Villefranche-sur-Saône, « la cause pour laquelle nous sommes le plus consultés est une simple rhinite. Il y a une atteinte limitée et passagère liée au rhinovirus lui-même qui provoque une lésion de la muqueuse olfactive, « ce qui cause l’incapacité des cils des neurones olfactifs à détecter les odeurs et à interpréter les molécules odorantes qui arrivent dans le nez ». On connaissait depuis longtemps l’attaque annuelle du virus influenza, responsable de la grippe, contre laquelle un vaccin est synthétisé chaque année pour protéger les populations à risque.

Une autre attaque virale responsable de l’infection de la muqueuse dont on a récemment beaucoup parlé est évidemment le coronavirus SARS-CoV-2, qui provoque le Covid-19. La perte de l’odorat en est l’un des symptômes principaux et très précoce. Les rhinosinusites, qu’elles soient liées à des polypes ou à des infections à répétition, atteignent elles aussi fréquemment les voies respiratoires.

Pour 20 % des cas environ, les troubles olfactifs sont dus à des traumatismes crâniens chez des victimes souffrant de lésions au niveau de la région olfactive. Seul un bilan médical approfondi permet d’établir cette origine de l’anosmie. « En général, c’est au niveau de ce que l’on appelle la lame criblée, qui est une fine couche d’os au niveau de la base du crâne. Trouée, elle permet aux neurones olfactifs de passer pour aller vers le bulbe et ainsi de faire communiquer nez et cerveau. Un traumatisme peut conduire à sectionner le nerf olfactif au niveau de cette lame. Un examen clinique, suivi d’une IRM, permet de vérifier si le nerf olfactif est sectionné, mais aussi qu’il n’y a pas eu d’atteinte du bulbe olfactif, donc du cerveau, et qu’il n’y a pas eu d’hématome qui empêcherait l’acheminement du signal olfactif » précise le docteur Djaber Bellil. 

D’après certaines études, la perte d’odorat peut également être l’un des premiers signes de maladie neurodégénérative, comme celles d’Alzheimer ou de Parkinson, arrivant avant même le début des symptômes neuronaux caractéristiques. Le docteur Djaber Bellil met pourtant en garde : « il faut être attentif à ne pas confondre cela avec ce que l’on appelle la presbyosmie, qui est la perte de l’odorat avec l’âge – l’équivalent de la presbytie pour la vue. Il est donc essentiel d’évaluer les autres signes associés à cette perte de l’odorat ». En effet, après 65 ans, plus d’un tiers des personnes âgées présentent des troubles olfactifs, ce nombre pouvant grimper jusqu’à 80 % pour les malades d’Alzheimer.

Dans environ 5 % des cas d’anosmie, l’origine du trouble est congénitale : les neurones olfactifs des personnes atteintes ne fabriquent pas les récepteurs dès la naissance, et les patients n’ont jamais senti aucune odeur de leur vie. Ces cas particuliers ont des origines diverses, certains patients sont par exemple atteints du syndrome de Kallmann de Morsier, un trouble qui touche le développement du bulbe olfactif, absent chez ces individus. 

Enfin, il existe des causes toxiques, notamment le tabagisme, qui irrite de façon chronique la muqueuse olfactive et peut impacter les performances olfactives. 

Un handicap non reconnu

À ce jour non reconnu comme un handicap, l’anosmie est pourtant vécue comme tel par 60 % des anosmiques, dont la très grande majorité exprime avoir souffert de troubles psychologiques associés et affirment se sentir isolés, selon une étude menée par Sanofi / IFOP en 2021. Les témoignages recueillis par ailleurs sont édifiants. June Blythe qui souffre d’anosmie dû à une polypose nasale, déclare avoir l’impression de « vivre dans une bulle » en permanence. Emmanuelle Dancourt, anosmique congénitale et fondatrice du podcast de l’association Anosmie.org, Nez en moins, raconte avoir vécu un « trou-matisme » à 19 ans, quand elle prend conscience que chacun possède une odeur qui peut être corporelle et identitaire. Elle réalise qu’elle envoie des messages qu’elle ne maîtrise pas : « Les gens sentent, me sentent et je ne peux pas sentir. Lorsque j’en ai pris conscience, je me suis sentie dissociée de l’humanité ». Claire Fanchini, victime d’un traumatisme crânien lors d’une agression en 2013, tombe en dépression profonde à ce moment-là, « le temps que j’accepte et que je fasse mon deuil » précise-t-elle. Cette perte d’odorat est une réelle souffrance pour cette jeune femme qui, petite, rêvait d’être parfumeuse et qui se délectait devant de bons mets. L’odeur de son mari et des êtres qui lui sont chers lui manquent et, quand un an et demi plus tard elle tombe enceinte, elle est bouleversée à l’idée de ne jamais pouvoir sentir l’odeur de son bébé. « L’attachement s’est bien fait mais, pour moi, on m’avait volé quelque chose » raconte-t-elle. Pierre-Emmanuel, anosmique congénital, exprime par ailleurs l’importance d’identifier « un nez », quelqu’un de confiance qui puisse tester, rassurer sur les aliments à ingérer ou aider à détecter les odeurs d’éventuels dangers, comme celles du feu ou du gaz.

La plupart d’entre eux témoignent d’un manque d’empathie généralisé à leur égard. L’entourage a souvent beaucoup de mal à comprendre leur situation. Claire Fanchini regrette qu’il existe une gradation dans les handicaps sensoriels, et que l’anosmie soit considérée comme moins grave, sous prétexte qu’elle est invisible, et que peu de descripteurs existent pour pouvoir en parler. Quand elle exprimait ses difficultés, elle enrageait intérieurement, particulièrement au début, d’entendre « Oui, mais sinon, ça va ? », et se disait alors à elle-même « Comment ça, je n’ai plus d’odorat, de goût, et tu me demandes si ça va ? ». Entendre des phrases comme « Non mais ça va, t’es pas aveugle non plus » était également particulièrement douloureux. Pour éviter cela, Julian Greenwold raconte avoir mis longtemps à parler de son anosmie et avoir mis en place des stratégies d’évitement. « Enfant, on ne le dit pas, on le cache parce qu’on est différent, on n’a pas les mots et on invente des prétextes pour ne pas avoir à commenter sur des odeurs. Moi je disais que j’étais enrhumé, comme ça, on me laissait tranquille ». À 75 ans, il a pourtant un rêve : « pouvoir sentir une fois dans ma vie ».

Stimulation olfactive

Peut-on soigner des troubles olfactifs ? Tout dépend de la cause du problème, mais le docteur Djaber Bellil l’affirme : « avant tout traitement, il est important de faire des examens. Les polypes sont de potentiels obstacles dans le nez qui empêchent l’acheminement de molécules odorantes de la zone de réception olfactive ». Parfois, faire une chirurgie des polypes améliore ainsi la perception olfactive. Dans un premier temps, les traitements sont locaux, à base de corticoïdes, puis également par voie générale. « Quand on a une dysosmie chronique, c’est-à-dire une perte de l’odorat qui persiste, une IRM cérébrale des bulbes olfactifs est réalisée afin d’évaluer la taille du bulbe et, en conséquence, les chances de récupération » précise le docteur Djaber Bellil. 
Ce dernier explique par ailleurs que « pour une simple rhinite, le temps et un entraînement olfactif adéquat font partie intégrante du traitement ». Gabriel Lepousez, chercheur à l’unité perception et mémoire de l’Institut Pasteur, et lui-même atteint d’anosmie à la suite d’un traumatisme crânien, raconte : « Comme je travaillais sur l’odorat, je savais une chose formidable : le système olfactif se régénère. Chez un individu jeune et en bonne santé, les cellules de la muqueuse olfactive, dont les projections vers le cerveau forment ce nerf olfactif si fragile, se renouvellent de manière constante tous les trois à six mois. C’est donc armé de patience et de confiance que j’ai attendu que les premières connexions se reforment et que les premières sensations olfactives reviennent »1Toutes les citations de Gabriel Lepousez sont issues de l’article « Un bon souvenir olfactif est avant tout un souvenir chargé d’émotions positives » publié en 2015 sur Auparfum.

Le docteur Thomas Hummel, directeur du Centre de l’odorat et du goût à l’université technologique de Dresde en Allemagne, et grand spécialiste de l’anosmie, est catégorique. Selon lui, la seule prescription médicale dans un tel contexte est la stimulation olfactive. En 1997, son laboratoire a été le premier à mettre en place un test standardisé en milieu hospitalier pour accompagner les patients et mesurer quantitativement leur sensibilité olfactive : le Sniffin’ Sticks. Son équipe crée en 2009 un protocole pour encourager les patients à sentir et à se stimuler afin de recréer des connexions neuronales défaillantes ou disparues, et teste leur capacité olfactive avec le Sniffin’ Test.
L’objectif est de favoriser la neurogenèse dans la muqueuse olfactive, afin de générer des nouveaux neurones, qui vont contacter le bulbe olfactif pour recréer des messages olfactifs entre le nez et le cerveau. Dans un premier temps, un phénomène de parosmie se manifeste souvent – l’odeur perçue n’est pas la bonne parce que les nouveaux neurones envoient des projections un peu partout et déforment ainsi le signal – mais à force d’entrainement et d’apprentissage, ces nouveaux neurones peuvent s’ajuster et former les bonnes connexions au sein du bulbe olfactif. Une rééducation continue et régulière permet donc d’affiner la qualité de l’information.

Début 2019, l’association Anosmie.org publie sur son site web un nouveau protocole d’entraînement olfactif [développé en collaboration avec le co-auteur de ces lignes, Hirac Gurden], inspiré par celui de Thomas Hummel mais simplifié, et qui peut être effectué en toute autonomie. Il consiste en deux séances quotidiennes de stimulations olfactives de courte durée. Quatre à six odeurs, choisies dans des champs olfactifs bien distincts, sont senties, afin d’activer par leur complémentarité différentes familles de récepteurs olfactifs et de parvenir, en fin de protocole, à réapprendre à discriminer de nombreuses molécules odorantes. Citron, clou de girofle, géranium, eucalyptus, complétés au besoin par menthe poivrée et café sont au programme. Une application web a été mise au point par la startup Kelindi en collaboration avec l’association Anosmie.org pour accompagner la rééducation olfactive, enregistrer et suivre les performances. Chaque odeur est sentie deux fois, une première fois à l’aveugle, le numéro étant caché en dessous du flacon, et une seconde fois en ayant pris connaissance de son nom, tout en visualisant l’image correspondante sur l’application. Une étude publiée en mai 2021 prouve qu’après un mois de rééducation, 64 % des anosmiques post-Covid retrouvent une meilleure sensibilité olfactive, et après trois mois, le chiffre monte à 75 %. Depuis deux ans, de nombreuses sociétés se sont d’ailleurs positionnées sur le marché des kits de rééducation olfactive, inspirés par ces protocoles de réapprentissage. 

Cependant, Jean-Michel Maillard, président et fondateur de l’association Anosmie.org, met en garde : l’entraînement est long, au moins douze semaines en continu minimum, difficile et parfois démoralisant. Il faut s’armer de patience et s’apprêter à courir un marathon plutôt que de partir pour un sprint. À force de persévérance, Gabriel Lepousez a retrouvé quant à lui la plupart de ses facultés olfactives après deux années de stimulation. « Ce qui fait la force de notre cerveau tout au long de notre vie, c’est sa plasticité, et donc sa capacité à apprendre, à mémoriser de nouvelles expériences et à s’adapter à un environnement qui change » conclue-t-il. Mais ce n’est évidemment pas le cas pour tous. Avec un maximum d’effort, 75 à 80 % des anosmiques post-Covid récupèrent leur odorat, ce qui est légèrement supérieur aux autres cas d’anosmiques qui, selon diverses publications menées par Thomas Hummel, ne sont qu’entre 60 à 70 % à retrouver leurs perceptions olfactives. Ainsi, près d’un tiers des personnes qui se sont engagées dans le protocole de rééducation ne verront malheureusement pas d’effet bénéfique sur leur odorat, même si elles déclarent que cela leur a fait du bien de se prendre en mains, d’avoir trouvé une écoute active et d’avoir tenté de trouver des solutions afin de se défaire de cette sensation d’isolement, causée par l’errance médicale dont la plupart des patients ont été victimes.

Retrouvez Éléonore de Bonneval et Hirac Gurden lors de la conférence Anosmie : le silence des odeurs, le 18 décembre de 15h à 16h30, à la médiathèque Jean-Pierre Melville, 79 rue Nationale 75013 Paris
Sur réservation au 0153827676 ou [email protected]

La médiathèque accueille également l’exposition photos d’Éléonore de Bonneval « Anosmie : le silence des odeurs » du 1er décembre 2021 au 3 janvier 2022.


SOMMAIRE

Introduction
Sur les bancs de l’école
Amateurs éclairés : les autodidactes du parfum
Anosmie : à la recherche de l’odorat perdu
Devenir parfumeur, quelle école choisir ?
Être parfumeur, un parcours du combattant

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L’odorat dans les livres

L’attention à la sensibilité héritée du XVIIIe siècle a introduit dans la littérature de Proust, Colette, Huysmans, Baudelaire ou encore Süskind, pour ne citer qu’eux, une première approche de l’expression des odeurs. L’intérêt universitaire pour le parfum lui-même se concrétise en 1980 par la publication d’un « Que sais-je ?» écrit par Edmond Roudnitska. Le propos des parfumeurs sera pleinement mis en avant en 1996, à l'initiative de Michael Edwards, dans son ouvrage Perfume Legends: French Feminine Fragrances. Mais c’est Le Miasme et la Jonquille de l’historien Alain Corbin qui démontre la possibilité de saisir l’odorat comme un objet d’étude théorique à part entière. Publié en 1982, il ouvre la voie aux travaux d’Annick Le Guérer, de Rosine Lheureux ou encore, dans le champ philosophique, de Chantal Jaquet. La critique olfactive apparaît également, avec l’ouvrage de Luca Turin, posant en 1994 un autre regard sur la création; mais il faudra attendre 2006 pour que le New York Times accueille les évaluations de Chandler Burr dans ses colonnes. 

Depuis, la multiplication des écrits témoigne d’un engouement croissant : entre le Journal d’un parfumeur de Jean-Claude Ellena, Les cent onze parfums qu'il faut sentir avant de mourir, Le Grand Livre du parfum, l’entrée dans la collection des « dictionnaires amoureux » de Plon par Élisabeth de Feydeau, ou encore le récit du Cueilleur d’essences qui permet de découvrir le métier du sourceur Dominique Roques, le passionné-lecteur a désormais accès à un ensemble de connaissances large et de qualité. Un support plus ludique a vu le jour en 2019 avec le lancement par l'experte parfum Anne-Laure Hennequin du jeu Master Parfums, qui combine des questions de culture générale sur le parfum et des défis olfactifs.

L’internet du parfum

Mais ce sont certainement les blogs qui, dans le courant des années 2000, ont permis de populariser une nouvelle approche de la création, conjointement au déploiement de la parfumerie de niche : « La prise de conscience de l’importance de l’odorat dans ma vie s’est concrétisée par une quête identitaire, à la recherche de « mon » parfum. Au Bon Marché, j’ai découvert des marques dont je n’avais jamais entendu parler: j’ai eu envie d’en savoir plus, et je suis tombée sur Auparfum [site à l'origine, en 2016, de la naissance de Nez], qui est devenu ma référence », raconte Anne-Cécile, passionnée responsable du digital d’un musée parisien. Certains sites ont gagné en ampleur, comme Basenotes, Now Smell This, Bois de jasmin, Auparfum ou Fragrantica. Mais les discours se sont globalement déplacés vers les réseaux sociaux, comme en témoigne Raphaëlle, consultante SIRH [Système d'Information Ressources Humaines] : « Je suis tombée sur la section "en quête de parfum" d’Auparfum, j’ai envoyé ma recherche. La communauté m’a suggéré beaucoup de créations, initiant une forme de boulimie olfactive. J’ai ensuite retrouvé quelques passionnés sur Twitter, et j’ai fini par les rencontrer, avec beaucoup de simplicité, à Paris. Depuis, j'ai rejoint un groupe Discord, qui nous permet d’échanger régulièrement.» 
Sur Instagram ou Youtube, si les influenceurs au discours presque publicitaire sont majoritaires, certains distillent des éléments de culture, comme Olfactiveducation, et rendent accessibles les discussions avec des professionnels, lors du « Café des Nez » de Passion Nez, ou sur le compte de The Perfume Guy ou The Aetherialist par exemple.

Pour acquérir des connaissances sur les matières premières de la parfumerie, peu accessibles au grand public, l’outil numérique ScenTree, constitue un apport important : avec son classement par descripteurs olfactifs, il donne pour chaque ingrédient de précieuses informations : composants principaux, stabilité, origine botanique, extraction, réglementation…

Véritables cours proposés au grand public, les conférences en ligne se sont également développées suite aux restrictions sanitaires, comme celles de l’Osmothèque, qui abordent différentes thématiques telles que l’histoire de la parfumerie, les matières premières, ou encore les grands parfumeurs... D’autres initiatives réjouissantes voient le jour, comme celle de Christophe Laudamiel qui a récemment ouvert un compte Patreon sur lequel il propose cinq types d’abonnement, permettant d’explorer le monde du parfumeur, ses réflexions et son processus de création.
Et les podcasts émergent peu à peu : ceux des marques comme Cartier, Dior, Lutens et Fragonard, côtoient ceux de la Fragrance Foundation, de La Parfumerie Podcast, les Interludes parfumés de Sophie Irles, Nez en moins d’Emmanuelle Dancourt, La Voix du parfum d’Isabelle Sadoux, et désormais, les Podcasts by Nez.

Le parfum, objet culturel

Mais l’éducation du nez ne saurait être seulement théorique : la pratique est indispensable. Premier lieu d’accès, les parfumeries classiques ont cependant tendance à réduire le produit à la marque, reléguant sa dimension olfactive au second plan. Elles entretiennent ainsi les clichés de superficialité et d’accessoire de mode qui touchent le parfum: « Quand j’étais jeune, je portais Coco Mademoiselle avec cette sensation de porter du Chanel », rigole Anne-Cécile. La cacophonie d’effluves vaporisées ajoute à la difficulté de simplement sentir sans acheter, qui n’est déjà « pas forcément agréable, puisqu’on sait que les vendeurs doivent faire leur travail ». Ainsi, pendant longtemps, les amateurs devaient choisir : faire des études professionnalisantes ou se contenter d’une curiosité en dilettante, en sentant autour d’eux les créations du marché ou les plantes odorantes. 

Désormais, d’autres lieux mettent en avant le parfum, à l’instar de l’Osmothèque, qui constitue un unique et essentiel conservatoire international permettant de sentir de beaux disparus ou certaines repesées, mais qui n’est accessible au grand public que lors des journées portes ouvertes ou des conférences. D’un autre type, à visée culturelle, le musée international de la Parfumerie (MIP) à Grasse met à l’honneur les différents métiers de l’industrie, le fonctionnement du système olfactif, les matières premières, l’histoire des techniques d'extraction, de création et de production, et le rapport au parfum à travers le temps. L’odorat s’invite également dans les musées plus traditionnels, grâce à l’initiative de Constance Deroubaix, fondatrice d’In The Ere, qui propose des « visites-conférences novatrices où les œuvres ne sont plus seulement abordées par le regard, l’esprit, l’émotion mais aussi par le nez » : une autre manière de percevoir les tableaux, et de faire entrer le parfum dans la culture. 

Temporaires mais significatifs, les événements qui abordent le sens de l’odorat se multiplient depuis la pandémie, comme la « Cité des sens » à la Cité des Sciences et de l’Industrie, « L’Odyssée sensorielle » au Musée national d’Histoire naturelle, ou encore « Avez-vous du Nez ? », un ensemble de conférences, rencontres et ateliers organisés en novembre par Bibliocité dans les bibliothèques parisiennes, en collaboration avec le collectif Nez.

Les ateliers parfumés

Permettant d’aller plus loin dans la pratique, les ateliers sur le parfum fleurissent un peu partout, comme en témoigne le banc d’essai réalisé sur Auparfum, mais restent souvent orientés sur la promesse d’une création sur-mesure en quelques heures. Or, si manipuler peut aider à comprendre et à sentir, rares sont ceux qui sont centrés sur le simple apprentissage ; il semblerait que, si l’on en repart les mains vides, leur intérêt paraisse limité. 

Certains sortent cependant leur épingle du jeu, comme ceux de Corinne Marie-Tosello à Grasse : aux côtés de l’atelier création et d’autres plus thématiques, ses « Voyages en terre de parfum » sont centrés autour d’une matière première, en fonction de la saison. Ils sont nés d’un intérêt pour ces plantes, mêlé à un amour perceptible de la transmission : « Je suis entrée dans le parfum par le biais de la botanique. Formée au GIP, j’ai ensuite été responsable marketing pour la parfumeuse indépendante Marie Duchêne, qui avait une sensibilité pour le naturel. C’est ce qui m’a donné envie de proposer des ateliers sur les matières premières, dans les lieux où celles-ci sont présentes  », et notamment dans les jardins du MIP, à Mouans-Sartoux. La création d’une composition permettra alors de percevoir les liens olfactifs entre la plante mise à l’honneur et d’autres notes a priori plus éloignées. Pouvant y accéder à tout âge et sans prérequis, les participants ne sont cependant pas toujours des novices : « Certains professionnels y assistent régulièrement. Les échanges sont souvent riches. C’est passionnant, et complexe, car il faut savoir être accessible à tous. Mais cela crée une belle dynamique de groupe », s'enthousiasme Corinne. 

Mais les ateliers peuvent également être conçus comme une passerelle à partir d’autres passions. Delphine Dentraygues a créé sa société Instantanez à Bordeaux et conçoit des sessions « œno-olfactives » où elle met ainsi en relation vin et parfum : « on sent en amont les molécules que l’on va retrouver ensuite dans les vins. Le fait d’utiliser une base différente, et en rétro-olfaction, change la donne : ce ne sont pas les mêmes notes qui ressortent que sur mouillette ». Elle anime également des ateliers plus classiques de création de parfums, qui « permettent d’initier aux différentes familles olfactives, pour des personnes qui veulent comprendre leurs goûts, lorsqu’ils ne trouvent pas leur bonheur sur le marché ». 

L’œnologie est l’une des voies suivies par les passionnés de parfum qui cherchent à parfaire leur perception olfactive, ce qui témoigne d’un manque dans le paysage de l’éducation des amateurs. Depuis quelques années cependant, des écoles de parfumerie proposent des formations sur plusieurs jours, voire plusieurs mois, ouvertes au grand public, sur le modèle de l’université d’été de l’Isipca. Elles permettent d’acquérir rapidement les bases de la culture olfactive, mais restent onéreuses et ne seront donc pas accessibles à tous. Le public est majoritairement constitué de professionnels qui souhaitent lancer un produit odorant. Cependant, la crise sanitaire, qui a favorisé l’introspection et fait émerger l’effroi de l’anosmie, semblent avoir orienté un nouveau public vers ces formations, comme Clémentine, architecte d’intérieur : « Je n’avais jamais envisagé de faire des études en parfumerie, parce qu’on m’a toujours dit qu’il fallait être doué en chimie. J’avais donc mis ma passion de côté. Mais, avec le confinement, je me suis recentrée sur ce que je désirais vraiment. On m’a offert un livre sur le parfum, et j’ai eu un déclic : je me suis décidée à m’inscrire à une formation de deux mois à l’ASFO, payée en partie avec le CPF, en cours du soir. J’apprends à mettre des mots sur les odeurs, j’acquiers une précision olfactive plus grande. Je ne sais pas si j’en ferais pour autant mon métier, mais je suis heureuse de m’accorder ce temps ». 

Pour ceux qui souhaitent aller plus loin, Cinquième Sens, pionnier dans la formation olfactive depuis 1983, propose, à côté d'un atelier de « création de parfum » ludique et interactif, une formation d’une journée, plus complète, où l’on étudie physiologie de l’odorat, matières premières naturelles et synthétiques, méthode de mémorisation et de classification des odeurs, pyramide olfactive et langage de description. « Sur ce type de journée intensive, nous accueillons beaucoup de personnes qui viennent pour valider leur intérêt dans ce domaine » explique Isabelle Ferrand, la directrice. Mais le centre dispense également des formations plus longues et plus spécialisées. Différentes thématiques sont explorées, en français, dont certaines aboutissent à la délivrance d’un certificat professionnel. S’il compte plutôt les futurs ou actuels acteurs de la parfumerie, « nous accueillons aussi des passionnés, qui représentent 10% des inscrits ». Ils peuvent venir de toute la France, voire de l’étranger. Mais l'investissement peut constituer un frein : « C’est pour cette raison que nous avons créé l’espace de coworking, qui met à disposition tous les outils pratiques pour se former en autonomie. L’abonnement est bien plus accessible et le lieu permet aux particuliers – majoritaires - et aux professionnels de se rencontrer ». Situé dans le 7e arrondissement à Paris, cet espace met en effet à disposition les quelque 400 matières premières, 550 parfums, ainsi qu’un moteur de recherche et une bibliothèque de plus de 200 livres. Un privilège parisien, certes, mais il est cependant possible de commander en ligne les Olfactorium, des coffrets contenant un nombre variable de matières premières.
Cinquième Sens compte par ailleurs une quinzaine de partenaires dans différents pays du monde, mais également à Grasse, sous le nom de Passion Nez. Sur ce site, les participants étaient jusqu’alors surtout « des étrangers, qui viennent acquérir le savoir-faire à la française, lié au statut de Grasse » explique Claire Lonvaud, qui organise les ateliers grassois, enrichis de visites locales. Mais, depuis la pandémie, « il y a un nouveau public : plus de français, de personnes en reconversion professionnelle, et d’autres qui s‘intéressent à l’effet thérapeutique des odeurs : psychologues, orthophonistes… »

Aux workshops très complets de 70 heures alliant théorie et pratique du Grasse Institute of Perfumery (GIP), proposés depuis 2003, le public est notamment constitué d’étrangers, qui viennent « allier l’aspect touristique de la ville de Grasse à une véritable expérience. Nous les organisons selon les saisons de floraison, car ils incluent des visites sur le terrain, à la rencontre des différents acteurs (producteurs, sociétés…) » explique Alain Ferro, le directeur de l’école. « L’Europe représente 40% des participants ; pour le reste, le Moyen Orient et l’Amérique sont majoritaires, mais nous avons des visiteurs de 33 nationalités », complète Fabienne Maillot, responsable de ces « sessions courtes », qui comme le reste des cours de l’école sont dispensées en anglais. Les participants sont notamment des professionnels de l’industrie du luxe ou des cosmétiques, qui souhaitent mieux comprendre ce qui constitue l’un de leurs produits, mais également de grands passionnés, qui s’offrent là un précieux cadeau.
Avec la crise du Covid et l’impossibilité du voyage, le GIP a développé des cours interactifs en ligne, et envoie en amont les coffrets de matières premières. « Nous allons conserver la formule, car elle permet pour certains d’économiser le prix du déplacement et du logement sur place, qui fait gonfler le tarif assez important des cours », poursuit Fabienne Maillot. 

International, national et local

Pour Pierre Bénard, fondateur de la société Osmoart, l’éducation olfactive est une nécessité à la fois au niveau international, national et local : « si l’on veut que le parfum soit reconnu comme culturel et artistique, et non plus réduit à un objet de consommation, il faut que les parfumeurs aillent faire de la transmission. Voir des images de combava lorsqu’on parle de bergamote, ce n’est plus possible ». 
Il propose ainsi des formations autour d’une « systématique des odeurs », une méthodologie « de mémorisation et surtout de connexion entre les notes, permettant de penser et créer des accords », avec un classement en sept familles, où sont notamment soulignés les liens entre les différents éléments. Les cours, proposés en anglais et en visio, incluent l’envoi d’une boîte de matières premières tous les mois, suivi d’un cours de quatre heures, le week-end. Les élèves viennent des quatre coins du monde : France, mais aussi États-Unis, Croatie, Lituanie… Il s’agit de professionnels qui souhaitent s’orienter vers le naturel, mais également de blogueurs beauté, de reconversions, ou de personnes qui souhaitent ajouter une dimension olfactive à leur travail.
Par ailleurs, Pierre Bénard donne des cours pour un autre public, qui n’est pas initialement passionné par le parfum : « mais les odeurs intéressent toujours, et peuvent être vectrices de sensibilisation ». Ainsi, les formations pour les travailleurs du bois, en partenariat avec Quintis - l’un des principaux producteurs et fournisseurs mondiaux de santal - offrent une nouvelle approche de la matière. Enfin, le parfumeur organise des ateliers et conférences destinés au grand public autour de Lavaur, dans le Tarn, où il vit. 

L’ouverture de la culture olfactive est internationale : en Espagne, le Beauty Cluster Barcelona a créé la Beauty Business School et sa première formation sur la parfumerie et ses applications; à Los Angeles, l’Institute for Art and Olfaction fondé en 2012 par Saskia Wilson-Brown, propose des cours allant de quelques heures à plusieurs semaines à destination du grand public, en ligne ou sur place, ainsi que des conférences et des expositions.

L’accès à l’univers du parfum et des odeurs s’est ainsi déployé ces dernières années, et l’on peut espérer qu’à l’avenir de plus en plus d’événements de culture olfactive soient proposés au grand public, afin qu’il puisse renouer avec ce sens dont la pandémie aura démontré l’importance sociale et psychologique.

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Dès l’école maternelle, nous apprenons à distinguer les couleurs et les formes, à les dessiner, avant d’être sensibilisés plus tard aux arts plastiques, à travers les livres ou les musées. Viennent ensuite les lettres et les mots pour maîtriser l’écriture et la lecture, et apprécier ainsi la littérature. Des chorales de fin d’année aux cours particuliers du mercredi, nous pouvons entraîner notre voix ou pratiquer un instrument, éduquant ainsi notre oreille musicale.

Mais qu’en est-il de notre culture olfactive ?

Que ce soit à l’école ou à la maison, qui nous apprend à nommer et distinguer les odeurs du quotidien, à comprendre comment fonctionne notre odorat, à connaître l’histoire de la parfumerie ou à choisir un parfum qui corresponde exactement à nos envies, voire même à le composer soi-même ?

Notre cinquième sens est l’abonné absent des programmes scolaires, perpétuant ainsi l’idée qu’ « avoir du nez » serait davantage une histoire de don que d’éducation, et ne serait réservé qu'à une poignée de privilégiés évoluant dans le milieu de la parfumerie ou de l’œnologie. Faux ! Comme pour toutes les autres pratiques culturelles et esthétiques, il suffit d’un peu d’entraînement, de curiosité et surtout d’y porter de l’attention et l’intérêt pour que ce sens se développe.

La question de l'éducation olfactive a ironiquement (et malheureusement) surgi ces derniers temps, plus exactement celle de la « rééducation », à l’attention de tous ceux qui ont vécu le drame de perdre leur odorat à la suite d’une contamination par le Covid. Il a en effet été démontré que des protocoles basés sur une stimulation quotidienne parvenaient à récupérer progressivement une sensibilité olfactive disparue, prouvant au passage que l’entraînement a bel et bien un effet sur ce sens.

En raison d’une grande plasticité cérébrale chez l’enfant, plus tôt on s’y prend, mieux on apprend. C’est ainsi que certaines initiatives, encore isolées, émergent pour prodiguer dans certaines classes des séances d’olfaction, animées par la conviction que cette démarche pourrait, et devrait, un jour être généralisée au même titre que les cours de musique ou d’art plastiques dans nos écoles. 

Si tous ceux qui ont très tôt la vocation de devenir parfumeur trouvent plus ou moins vite où suivre des cours, que ce soit à l’Isipca à Versailles, à l’ESP à Paris ou encore au GIP à Grasse, ce n’est pour autant jamais un parcours facile. Il est par ailleurs encore moins aisé de dénicher des programmes accessibles au simple quidam lorsqu’on souhaite juste se former aux odeurs en amateur, pour le plaisir. Hormis les ateliers qui vous promettent de créer le parfum sur-mesure de vos rêves en quelques minutes, les vrais programmes d’éducation olfactive qui s’adressent aux particuliers sont encore rares.

C’est pour cela que nombreux amoureux d’odeurs se forment… tout seuls, sur le tas : arpentant les parfumeries, écumant les sites, les blogs et les podcasts, collectionnant les livres sur le sujet, se réunissant entre passionnés pour sentir et partager leurs trouvailles, ces amateurs éclairés finissent par développer une culture parfois impressionnante, sans avoir eu recours à une formation à proprement parler.

Car loin de toute considération professionnelle, de même que lorsqu’on apprend la musique ou la peinture en dilettante, maîtriser le vocabulaire olfactif, se laisser émouvoir par un nouveau parfum, identifier un mélange d’herbes ou d’épices dans un plat, s’extasier de l’odeur d’une prairie en été ou de celle de la tête d’un bébé : tout cela contribue aussi tout simplement à nous rendre plus heureux. Ce serait bête de s’en priver.

Comment instaurer une véritable instruction olfactive dans notre société ? Nous vous proposons un dossier complet spécialement consacré à l’éducation du nez : de l’enseignement spécialisé, pour les professionnels ou les particuliers, à la rééducation thérapeutique, en passant par l'initiation auprès des plus jeunes et l’apprentissage au quotidien.

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