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L’ambition de Matthew Wright, Director Natural Ingredient Platforms chez Amouage, est claire : « Transformer le Wadi Dawkah, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, en un centre de référence mondial pour l’encens et en une destination touristique incontournable. Et ce faisant, en tant que gardiens du site, faire du Wadi Dawkah un véritable sanctuaire pour les arbres à encens menacés ». Le projet, lancé à la suite d’un accord historique entre le ministère omanais du Patrimoine et du Tourisme et Amouage en septembre 2022, et porté en partenariat étroit avec le gouvernement omanais, vise à protéger l’un des trésors les plus emblématiques du Sultanat : le Boswellia sacra. Cet arbre mythique, dont la résine parfume le monde depuis des millénaires, ne pousse qu’en Arabie du Sud, dans certaines régions du Yémen et dans le gouvernorat du Dhofar, au sud d’Oman.
Partenariat éditorial
Un patrimoine exceptionnel, mais fragile. Classé quasi menacé sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l’arbre à encens fait aujourd’hui l’objet d’une vigilance accrue. Une étude publiée en 2025 dans le Journal of Arid Environments rappelle l’ampleur des menaces : surpâturage des jeunes pousses, récolte excessive de résine, parasites, inondations et vents violents — certains de ces phénomènes sont appelés à s’intensifier avec le changement climatique, entraînant une surmortalité d’arbres à encens dans les endroits exposés.
Le développement économique et l’expansion urbaine ont exercé des pressions supplémentaires sur l’habitat naturel des arbres à encens, et ont rendu nécessaire leur déplacement. Le Boswellia sacra, pilier écologique et culturel du Dhofar, n’est pas invulnérable et demande à être préservé.

Sous toutes les coutures
Afin de s’assurer de la rigueur scientifique du développement au Wadi Dawkah, Matthew Wright et son équipe ont noué des partenariats locaux, nationaux et internationaux avec des institutions et des chercheurs indépendants. En 2025, un comité scientifique consultatif (Scientific Advisory Council) a été mis en place. Il rassemble, entre autres spécialistes, des experts de la Société environnementale d’Oman (ESO) et du Jardin botanique d’Oman.
Depuis 2006, le Jardin botanique étudie le Boswellia sacra sous toutes les coutures : collecte de graines, protocoles de germination, banque de semences, recherches génétiques. Sa mission : produire la connaissance scientifique indispensable à toute stratégie de conservation solide. Une nouvelle étude vise à modéliser l’évolution future des populations d’arbres à encens face aux scénarios climatiques. « Les gens pensent que les arbres seront toujours là. Mais ce n’est pas vrai », rappelle Laila Al-Harthi, responsable du département Botanique et conservation. Le comité scientifique consultatif a pour objectif d’apporter une rigueur scientifique et un regard critique afin d’améliorer radicalement la santé — au sens le plus large du terme — du site.
De son côté, la Société environnementale d’Oman a lancé sur neuf mois un grand inventaire de la biodiversité en vue d’établir un état des lieux qui servira de base à des plans d’amélioration écologique à long terme. La région, influencée par la mousson saisonnière (Khareef), possède une riche biodiversité. Elle abrite près des deux tiers de la flore du pays.
« Pour réussir au mieux, l’ESO est en contact régulier avec l’Autorité environnementale et le ministère de l’Agriculture, de la Pêche et des Ressources en eau », rappelle Suaad Al Harthi, directrice générale de la Société environnementale d’Oman (ESO). Un partenariat main dans la main qui a permis d’organiser des campagnes de plantation d’arbres à encens et des actions de sensibilisation auprès des communautés locales.

Stratégies durables
Dans le Dhofar, Boswellia sacra est un élément essentiel de l’identité culturelle et de l’économie. Ainsi, s’efforcer de le préserver, ce n’est pas seulement sauver un arbre. C’est protéger tout un écosystème — et avec lui, l’art ancestral de la récolte de l’encens — et offrir des perspectives économiques durables aux communautés qui en dépendent. Au-delà des données scientifiques, le comité veille à l’implication active des communautés locales. Toute stratégie durable de protection doit réussir à faire dialoguer des savoir-faire traditionnels avec des découvertes scientifiques : par exemple, en renouant avec les pratiques ancestrales de pâturage mobile, dont les études ont montré qu’elles donnent le temps à la terre de se régénérer pendant le khareef. Outre le fait de respecter le repos des arbres à encens, il faut aussi privilégier des techniques de cueillette sauvage et respecter les cycles naturels.
Récolte durable, attention accrue aux écosystèmes, équité sociale envers les travailleurs locaux : le Wadi Dawkah a tout bon. En 2025, il s’est vu labelliser pour ses pratiques vertueuses. Le site a en effet obtenu la certification FairWild, une référence mondiale en matière d’approvisionnement durable d’ingrédients sauvages. Une première dans la péninsule arabique. Et un jalon important pour Amouage, qui affirme son ambition d’inscrire l’encens omanais dans une filière vertueuse et maîtrisée.
Dans le cadre de la stratégie nationale Vision 2040, Wadi Dawkah aspire à devenir un modèle international d’approvisionnement éthique et transparent en ingrédients naturels pour la parfumerie. Et ce pôle central du développement durable pourrait inspirer plus largement. Car au-delà de l’encens, Oman dispose d’un riche héritage botanique naturel et agriculturel, comme la rose de Jabal Al Akhdar ou la myrrhe indigène.
Crédits :
Conception et direction des partenariats : Mathieu Chévara
Réalisation : Eléonore de Bonneval
Vidéastes : Ateeb Ali, Mulook Albalushi
Montage : Jean-Philippe Derail
Sound design : Perfecting Sound Forever
Title design : Vianney Bureau, Mikaël Charbonnier
Amouage : Renaud Salmon, Andras Komar, Dominique Roques, Matthew Wright, Rayyan Alabdullatif
Remerciements : Arielle Lauze.







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